dimanche , 20 octobre 2019
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Formation sur les conséquences des Mutilations Génitales Féminines

Formation sur les conséquences des Mutilations Génitales Féminines

Lutte contre l’excision des jeunes s’engagent contre ce fléau néfaste partout au Mali.

Fin de l’atelier de formation de jeunes sur les conséquences des mutilations Génitale féminines sur les femmes et les jeunes fille qui s’est tenu du 28 au 29 Novembre 2018 au centre national du patronat. Cet atelier a été organisé par l’association Terre de Justice avec le soutien du Centre d’information et de la formation en matière des droits de l’homme en Afrique (CIFDHA) et du Centre de conseil et d’appui (CODAP).

D’après l’Organisation Mondiale de la Santé(OMS), « les mutilations sexuelles féminines sont des interventions qui altèrent ou lèsent intentionnellement les organes génitaux externes de la femme pour des raisons non médicales. Ces pratiques ne présentent aucun avantage pour la santé des jeunes filles et des femmes. Elles peuvent provoquer de graves hémorragies et des problèmes urinaires, et par la suite de kystes, des infections, la stérilité, des complications lors de l’accouchement, et accroître le risque de décès du nouveau-né. Elles sont pratiquées le plus souvent sur des jeunes filles entre l’enfance et l’âge de 15 ans. Les mutilations sexuelles féminines sont une violation des droits des jeunes filles et des femmes ». Les Mutilations Génitales féminines ou MGF/Excision constituent un réel enjeu de santé publique dans le monde particulièrement en Afrique.

Le Mali fait partie des pays d’Afrique où la prévalence de l’excision est la plus élevée. Selon le Programme National de Lutte contre l’Excision (PNLE), l’excision a touché 85% des femmes en âge de procréer (15 à 49 ans) en 2014. Ce chiffre a été relevé par certaines organisations (UNICEF) à 89% chez les 15-49 ans entre 2004 et 2015.  Cette prévalence globale de 89% est trompeuse sur la réalité de la pratique qui n’est pas uniforme sur toute l’étendue du territoire national avec un fort taux de prévalence au sud, incluant Ségou, Bamako, Kayes, Koulikoro, Koutiala et Sikasso, où on enregistre +80% de femmes et de filles affectées par les MGF . L’Enquête Démographique et de Santé du Mali (EDS-V 2012-2013) relevait que 69% des filles de 0 à 14, 83% des filles de 10 à 14 ans et 91% des femmes âgées de 15 à 49 ans dans les 5 premières régions du Mali et du District de Bamako avait subi une excision. La plupart des excisions sont pratiquées par des praticiens traditionnels, des exciseuses traditionnelles. L’enquête révèle même que le recours à une exciseuse traditionnelle concernait 88% des excisions parmi les femmes de 15-49 ans conte 92 % parmi les filles de 0-14 ans. Cela met en lumière l’emprise traditionnelle très forte dans la société malienne où 73% des femmes excisées l’ont été avant l’âge de 5 ans. Si les chiffres de l’EDS-V de 2012-2013 sont accablants sur l’ampleur du phénomène à Bamako (90%) où l’on constate en plus un certain rajeunissement de l’âge de l’excision avec 78%  de femmes excisées avant l’âge de 5ans, force est d’admettre que les associations de jeunes sont peu outillées, sensibilisées et formées pour une meilleure compréhension de l’excision afin de mener un combat de fond contre cette pratique. Elles constituent sans doute un problème de santé publique à cause de ses conséquences graves sur la santé sexuelle et reproductive mais surtout psychosociales. L’excision constitue une violation des droits humains fondamentaux de la fille et de la femme.

Pour Fiman Sissoko, Président de l’Association des Terres de Justice , c’est dans le cadre de la mise en œuvre de leur projet de lutte contre les MGF intitulé « Osons dire NON aux MGF, Soyons le changement que nous voulons voir » ; son Association Terre de Justice, a tenu à former 20 représentants d’Associations de femmes et de jeunes sur les conséquences engendrées par cette pratique traditionnelle néfaste préjudiciable aux femmes et aux jeunes filles. L’objectif sera d’attirer l’attention des associations cibles sur la problématique des MGF; échanger sur la nécessité de perpétuer les actions de lutte contre les VBG en générale et les  MGF en particulier ; Inciter les associations à s’engager et à initier des projets de lutte contre les MGF dans le cadre de leurs activités ; susciter la discussion et liberté de pensée autour des questions sensibles comme les MGF à Bamako ; multiplier les espaces de dialogue et de réflexion autour des droits humains et spécifiquement ceux des femmes et filles au Mali et enfin créer un groupe de réflexion pour la lutte contre les MGF au Mali en général et à Bamako en particulier.

Pour le représentant du partenaire CIFDHA , M Urbain Yaméogo se dit très satisfait des deux jours de formation de ces jeunes pair éducateur sur les MGF car ils devraient à leur tour lutter contre ses pratiques traditionnelles néfastes .  «  Vous avez suivi avec assiduité et posés des questions sans tabou dans l’espoir d’avoir des réponses satisfaisantes pour pouvoir briser le silence car nous savons désormais que la lutte est gagnée d’avance » Nous rassure M Yaméogo.

Bokoum Abdoul Momini

3 commentaires

  1. Félicitations au CIFDHA pour cette formation.

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