dimanche , 20 octobre 2019
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INTERVIEW : Le Dr Modibo à propos de la lutte contre la maladie du sommeil : »Nous allons l’éradiquer dans un an »

INTERVIEW : Le Dr Modibo à propos de la lutte contre la maladie du sommeil : »Nous allons l’éradiquer dans un an »

Mis en place depuis 1980, le Programme national de lutte contre la trypanosomiase humaine africaine est logé dans l’enceinte de la direction nationale de la santé et dirigé par Dr. Modibo Amary Coulibaly depuis 2016.

Tout sur une maladie dont on guérit parfaitement à condition de le diagnostiquer pour une meilleure prise en charge. Du reste, le Mali table sur une éradication de cette pathologie dans douze mois. Suivons le spécialiste sur la question

La Sirène : C’est quoi la trypanosomiase humaine africaine ? Comment évolue-elle au Mali ?

Dr Coulibaly : Parce que c’est une maladie qui a été découverte en Afrique, c’est en Afrique subsaharienne qu’on trouve généralement cette maladie. On appelle maladie du sommeil parce qu’elle évolue en deux étapes : la première étape est dans le sang (l’infatigo sanguine) et la seconde au niveau du cerveau, ça va entrainer des altérations au niveau du cerveau. S’il n’y a pas de traitement, le malade va tomber dans un état de coma. C’est une maladie tropicale très répandue qui peut être mortelle en l’absence de traitement. Elle est transmise par la piqure d’une mouche  tsé-tsé (glossine) espèce indigène sur le continent africain.

La forme de trypanosomiase humaine africaine qui se manifeste au Mali est la forme Gambiense répandue en Afrique de l’Ouest et centrale. Le Mali est dans la phase surveillance parce que la dernière phase dans notre pays remonte de 2001 à Kangaba et Dioïla. En 2012, l’Organisation mondiale de la santé s’est fixée comme objectif l’élimination de la trypanosomiase humaine africaine en Afrique d’ici 2020.C’est un problème de santé publique.

La Sirène : Comment comptez-vous éradiquer cette maladie ?

Dr Coulibaly : Nous allons mettre l’accent sur la surveillance ; dynamiser l’équipe qui s’occupe de cette maladie ; sensibiliser la population pour une consultation rapide et mettre en place un comité de certification composé de médecins, d’agents de l’élevage, de journalistes et toute structure qui est liée à cette maladie). Le Programme mettra l’accent sur la communication qui est déjà en cours à travers l’élaboration d’un plan.

Nous allons mettre en place un cadre formel d’échange avec tous les experts afin de mettre en place un comité d’éradication d’ici 2020.

La Sirène : Une année ? Comment cela se peut-il ?

 Dr Coulibaly : Nous allons renforcer la vigilance au niveau des points focaux dans les cinq régions et des sites sentinelles de surveillance au niveau des villes à surveillance qui avaient été mis en place lors de la phase élimination. Il y a un site dans les centres de santé et de référence de Kéniéba, Kangaba, Yanfolila, Koutiala et Sikasso.

La Sirène : Quels sont les moyens réels de lutte contre la trypanosomiase humaine africaine ?

Dr Coulibaly : Le premier moyen est de réduire les réservoirs d’infection et la présence des mouches tsé-tsé. Le second est le dépistage des personnes à risque, ce qui permet de repérer les patients à un stade précoce. Le diagnostic devrait être posé le plus tôt possible et avant le stade avancé pour éviter les traitements compliqués.

La Sirène : Est ce qu’il y a des cas de trypanosomiase au Mali ?

Dr Coulibaly : De 2016 à aujourd’hui, le Mali a enregistré deux cas suspects dont un cas (femme) à Kéniéba en 2016 et le second, un homme, à Sikasso. Ils ont été révélés négatifs.

 Comment les sites ont été choisis ?

Dr Coulibaly : Ils ont été choisis selon les critères épidémiologiques. Les villes abritant les sites font frontière avec les pays où il y a beaucoup de cas que sont la Côte d’Ivoire et la Guinée.

 La trypanosomiase humaine africaine est-elle incurable ? Quel est le coût du traitement ?

Dr Coulibaly : Non, elle est peut être traitéeà 100% si elle n’est pas chronique, dans le cas contraire, la personne sera guérie mais avec des séquelles. Le traitement est gratuit du début à la fin, grâce au concours de l’Organisation mondiale de la santé et des gouvernements des différents pays respectifs.

La Sirène : Le Mali occupe quelle place dans le classement de l’OMS dans la lutte contre cette maladie du sommeil ?

Dr Coulibaly : Le Mali est parmi les pays où il y a zéro cas depuis cinq ans donc classé bon élève dans la lutte contre la trypanosomiase humaine africaine.

La Sirène : Quelles sont les  difficultés au niveau de votre programme?

Dr Coulibaly : La première difficulté est l’approvisionnement des produits au niveau des sites ; l’absence de logistique ; la méconnaissance de la maladie par la majorité des agents de santé de la place ; l’insuffisance des personnels qualifiés ; il n’y avait pas un plan de communication contre la maladie.

La Sirène : Quels conseils avez-vous à l’endroit de la population ?

 Dr Coulibaly : Je demande à la population de consulter les médecins au centre de santé pour l’apparition d’un ces signes pour une prise en charge rapide.

Je leur demande de ne pas confondre l’amaigrissement aigue de cette maladie au Sida. Je leur demande également d’être prudentes parce que cette maladie peut provoquer la folie qui est due à l’atteinte du cerveau.

Propos recueillis par

Boubacar Diam Wagué

 

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 Ce qu’il faut savoir sur la trypanosomiase humaine  africaine.

 Quels sont les signes de la maladie ?

La fièvre, les maux de tête (céphalée), de longue durée, rebelle aux traitements habituels. Il y a d’autres signes Ganglion au niveau du cou et d’autres signes troubles moteurs (mouvements anormaux, tremblements difficultés à marcher).

Il y a également des  troubles psychiques (agressivité, apathie, confusion mentale) dont un grand amaigrissement et faiblesse  et le signe le plus évocateur est la somnolence diurne, c’est-à-dire la personne dort excessivement le jour.Il y a des malades de cette maladie qui dorme excessivement accosté au mur et d’autre allongée au sol comme des morts.

Comment cette maladie est provoquée ?

Elle est provoquée par un microbe qu’on appelle le « chromosome ». Pour avoir ce microbe dans le sang il faut que la personne soit piquée par la mouche Tsé-tsé (glossine).  Il y a 31 espèces de cette mouche. L’espèce qui donne cette maladie chez nous est la mouche  palpalis.

Quels sont les différents types (formes) de maladie du sommeil ?

Il y a deux formes que sont : la forme Gambiense et la forme Rhodesiense.  Le parasite de la forme Gambiense  a été découvert en 1902 en Gambie et se  trouve en Afrique de l’Ouest et Afrique Centrale et la forme Rhodesiense se trouve en  Rhodésie et découvert dans ce pays en 1910 et également en Uganda et Zambie, se trouve en Afrique de l’Est et l’Afrique Australe.

Y’a-t-il une différence entre les deux formes ?

Le réservoir du germe Rhodesiense (Zoonose) est de forme animale tandis que, la Gambiense est de l’homme. La forme Gambiense est chronique (endémique), elle évolue lentement jusqu’à 5 ans sans problème avant l’atteinte du cerveau  alors que, la Rhodesiense est aigue et  épidémique c’est-à-dire elle tue immédiatement.

Quels sont les modes de transmission ?

La forme Gambiense, est  le même mode de transmission que le paludisme dont la transmission par la mouche Tsétsé qui pique un Homme malade pour repiquer un autre qui est sain, ou encore entre la mouche Tsétsé et l’homme.

La transmission de la forme Rhodesiense se fait entre l’Homme et l’animal et vice-versa. La particularité est que cette forme tue immédiatement.

Le rôle de l’OMS dans la lutte contre cette maladie ?

Elle est considérée comme une maladie de santé publique. Depuis bien avant 1960 l’Organisation de la santé (OMS) parcourt toutes les zones censées être endémiques avec des équipes mobiles comme Lazaret et Trypanos qui s’occupaient de cette maladie. Cette politique de l’OMS  à fait diminuer le nombre de 300 000 personnes à 8000 à partir de  2001 en Afrique.  C’est à partir de ce résultat cette stratégie que, l’OMS décide d’aller vers une élimination couplée à la phase surveillance pour certain pays qui n’a pas enregistré de cas depuis une dizaine d’année.

 Propos recueillis par  DiamWagué

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