mercredi , 30 septembre 2020
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Douanes maliennes : Le DG prouve son impuissance
Le DG Mahamet DOUCARA

Douanes maliennes : Le DG prouve son impuissance

Depuis l’arrivée de l’Inspecteur général, Mahamet Doucara, à la tête des Douanes maliennes, la gabegie s’y accentue au jour le jour. Et c’est le lieu pour beaucoup de Maliens, de soutenir que le milieu douanier est le plus corrompu et qu’il est dirigé par un homme de dossier qui manque d’autorité. Du coup, c’est le non respect des différentes lettres circulaires du DG Mahamet par ses propres agents. Et  les propos du commandant Mamoutou Koné dit ‘’Wech’’ selon lesquels : « la mutation des agents des Douanes du Mali est pilotée par un ancien DG, en la personne de l’inspecteur général Modibo Kane Keita », confirme que la Direction des Douanes du Mali est  aujourd’hui, un serpent sans tête. Malgré ce constat patent, une certaine loi du silence entoure le sujet.

«L’administration douanière ne peut admettre des corrompus dans ses rangs », indique le commandant ‘’Wech’’, dans une vidéo filmé depuis le QG de la junte de Kati. Selon lui, la légèreté de la lutte anti-corruption dans le milieu des Douanes est volontaire car de nombreuses personnes en profitent.

Les opérations « mains propres» et la chasse aux sorcières ne seraient donc que de la poudre aux yeux. Toujours est-il que beaucoup de Maliens doutent des intentions des pouvoirs publics de lutter contre la corruption. « Il n’y a aucune volonté politique de lutte contre la corruption, encore moins d’assainissement de la sphère du commerce extérieur gangrenée par la grande corruption et les intérêts mafieux », soulignent  des observateurs.

Plus d’une centaine de faux importateurs sont identifiés par l’administration fiscale. Les fraudeurs utilisent des prête-noms et des registres de commerce loués ou falsifiés et dont le nombre est effarant comparé à celui des importateurs légalement établis.

Un tour au niveau des services de recouvrement suffit pour se rendre compte de l’évidence du phénomène. De 2005 à 2019, tous les opérateurs économiques maliens en activité dans le commerce extérieur ont été enregistrés.

Chasse gardée des dignitaires du régime déchu depuis sa libéralisation et l’annulation du monopole de fait au début du mandat du Président  IBK, « mamelle intarissable » pour les insatiables barons de l’importation, le commerce extérieur est aujourd’hui peuplé, d’après un syndicaliste des Douanes, « d’une faune d’affairistes, d’importateurs frauduleux, de commerçants sans scrupules, etc. » Et de s’interroger : «L’administration des Douanes continue de considérer cette faune comme un partenaire. Comment, dès lors, s’étonner que la corruption prenne de telles proportions ? ».
Faute d’obtenir du pouvoir politique l’assainissement (hypothétique) de la sphère du commerce extérieur, l’administration des Douanes multiplie les campagnes de lutte contre la corruption. « Il y a eu des arrestations et des licenciements. C’est un travail que nous effectuons en profondeur et en silence car cela touche l’intégrité des personnes », a déclaré le dirlo des Douanes (après sa nomination en octobre 2018) lorsqu’il expliquait le développement de la corruption par le contact facile entre douaniers et opérateurs économiques.

« Outre les poursuites directes contre le contrevenant, nous prévoyons la mise en place de procédures informatisées où la main de l’homme sera réduite à sa plus simple expression. Tout se fera dans les normes», avait-il promis. L’Inspecteur  général Mahamet Doucara, avait déjà eu à lever un coin de voile sur son plan de modernisation des Douanes.

« La modernisation des moyens de travail et des méthodes de gestion de l’administration des Douanes maliennes avec la transparence requise, la réhabilitation et la crédibilisation de la structure, la consolidation de l’éthique douanière, le développement des ressources humaines et de la formation sont également des moyens de lutte contre la corruption » ; avait-il indiqué. Mais… « Un an ans plus tard, on n’a rien vu de tout cela », constate notre responsable syndical des Douanes.

Sujets à des blocages ou otages de luttes sourdes d’intérêts mafieux, les « programmes de modernisation » des Douanes, annoncés en fanfare par le DG des gabelous, l’inspecteur général Mahamet Doucara, n’iront pas au-delà des bonnes intentions. La magouille et les détournements au niveau des services des Douanes, auxquels s’ajoutent les trafics ; les fausses déclarations en douane, avec à la clé, « le flou artistique » entretenu  par des douaniers ripoux, illustrent bien l’incurie ambiante qui règne au sein des Douanes maliennes.

Magouilles à la pelle

À en croire le commandant ‘’Wech’’, aujourd’hui, avec le manque de moyens adéquats pour l’exécution des missions régaliennes des agents des Douanes ainsi que le détournement des ristournes par la hiérarchie  douanière auxquels s’ajoutent, le pilotage à vue de la mutation des agents des Douanes par l’ancien dirlo des gabelous, l’inspecteur général, Modibo Kane Keita ; ainsi que l’anarchie à tous les niveaux de commandement des Douanes maliennes, les agents, toutes catégories confondues,  n’ont plus le cœur à la tâche. Même les transitaires décrient la gestion du DG Mahamet Doucara. Surtout, quant il s’agit du dédouanement de certains produits qui ne sont plus concernés par le processus au sein de l’espace CEDEAO. Ces derniers temps, cette situation engendre beaucoup de dérives au moment de l’établissement de la fiche de dédouanement (appelé ECOR) par l’agent de constatations. Malgré l’interdiction faite sur le dédouanement de ces produits dans l’espace CEDEAO, c’est une autre paire de manches au niveau du cordon douanier du Mali. Et ce n’es pas tout. Loin s’en faut.

Même le non respect des différentes lettres circulaires du DG par ses propres hommes n’est pas de nature à tempérer les curiosités des agents sur le terrain.

Décidemment, le service des Douanes maliennes est aujourd’hui un serpent sans tête. Autrement dit, il est dirigé par un homme de dossier mais qui manque d’autorité. Pour la simple raison que le chef apparaît aux yeux de ces subalternes comme un jouet, prêt à tout subir. Voilà, d’un trait, tout le sens du laisser-aller actuel au sein des services des Douanes du Mali.

Autre conséquence de la forfaiture du service des Douanes : le mécontentement général des Agents. Annoncé, à grands renforts de publicité, le redéploiement du personnel au niveau de certains bureaux des Douanes n’a pas donné les résultats escomptés. Bien au contraire. L’homme-cabot a été mis à la place-pivot. Et vice versa.

Illustration de cet échec patent : l’usage abusif des anticipations, c’est-à-dire la perception des droits sur des marchandises, qui n’ont pas franchi le cordon douanier.

Le DG des Douanes du Mali, l’inspecteur général Mahamet Doucara, pour compléter et dépasser son quota de recettes de juillet dernier a dû encaisser  5 milliards FCFA sur les recettes de ce mois d’Août finissant. Voilà, d’un trait, le sens à donner à la réalisation des 50,06 milliards de recettes à la date du 30 juillet 2020.

Une certitude : depuis le 18 octobre 2018 où l’Inspecteur général, Mahamet Doucara a été nommé DG des Douanes du Mali, chaque mois, il y a des excédents de recettes. Et c’est avec l’usage abusif des anticipations que de 35 milliards FCFA, les recettes douanières se chiffrent, aujourd’hui, à plus de 50 milliards par mois. Mais avec cette stratégie des anticipations, la Direction générale des Douanes du Mali, a déjà, encaissé plus de 40 milliards FCFA sur les recettes du premier trimestre de 2021.

Au moment où nous mettons sous presse,  des milliers de tonnes de marchandises, appartenant à des opérateurs économiques sont en souffrance à la Direction générale des Douanes. Motif : les droits auraient été encaissés, depuis belle lurette. Mais les Chefs de service, eux, refusent de livrer les marchandises. Du moins, sans l’accord écrit du Directeur général des Douanes, qui ne semble pas vouloir s’y résoudre.

Mais dans le fond, ce sont les magouilles qui entourent ces anticipations, qui donnent froid dans le dos de plus d’un agent. « Lorsqu’un opérateur économique paie par anticipation, sur une importation de 10.000 tonnes, il en fait venir 20.000 tonnes. Les droits des 10.000 autres tonnes s’en vont en fumée », indique un agent des Douanes, qui sait de quoi il parle. Et un cadre des Douanes de commenter : « l’ECOR (la fiche établie par l’agent de constatation) a  beau fonctionner correctement, il ne serait d’aucune utilité si les agents qui l’exécutent ne veulent rien voir ».

La mise à jour de l’ensemble des activités et moyens des Douanes, à laquelle l’État a consacré plusieurs milliards de francs CFA (acquisition de matériels roulants, de scanners mobiles, informatisation, recrutement,  formation du personnel, etc.) pourra-t-elle pour autant permettre de nettoyer les « écuries d’Augias » ? Pas si sûr !

Mais  la lutte contre la corruption est simple : il suffit de comparer  les ressources d’un douanier à son train de vie. Mais on ne n’y tient pas ; on sacrifie plutôt « les petits » en les présentant comme « les méchants », histoire de « jeter de la poudre aux yeux » des autres. En fait, les gabelous sont si intelligents que lorsqu’ils jouent aux « ignorants », ils réussissent mieux que quiconque.
Au lieu de s’attaquer au gros de l’import-export, ces douaniers corrompus s’acharnent plutôt contre un pauvre immigré qui a importé une simple perceuse pour bricoler sa maison qu’il a achetée après de longues années de dur labeur.
Pauvre de nous !… Mais depuis un certains temps, le départ du Dg des Douanes, l’inspecteur général Mahamet Doucara, se murmure dans les salons feutrés. Mais comment s’opèrent le trafic des bazins et les fausses déclarations en Douane?

Nous y reviendrons.

Nouveau Réveil

Jean Pierre James

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