jeudi , 3 décembre 2020
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Migration et proxénétisme Un piège invisible pour des chercheuses d’emplois

Déguisés en entreprises sans histoire, des réseaux de proxénétisme leur promettaient
des emplois bien rémunérés. Privées de leurs documents de voyage (carte d’identité,
carte consulaire ou passeport) et prises au piège par leurs bourreaux, des migrantes
sont obligées de «se vendre». Elles passent des nuits infernales pour payer
d’importantes sommes, afin de recouvrer la liberté. Rêves brisés des piégées !
Les vagues migratoires sont de plus en plus féminines depuis une dizaine d’années, selon Dr
Fodié Tandjigora, chef de département d’études et de recherche de la Sociologie et de
l’anthropologie à la Faculté des Sciences humaines et des sciences de l’éducation (FSHSE) de
l’Université des lettres et des sciences humaines de Bamako (ULSHB), par ailleurs chercheur
associé à l’Unité de Recherche Migrations et Sociétés (URMIS). «Autrefois, il était très rare et
même inexistant de voir les femmes sur les routes migratoires clandestines. On en voit de plus
en plus, parce qu’il y a de plus en plus de femmes qui trouvent leur salut dans la migration»,
nous confie l’universitaire qui fait sa thèse de doctorat en sociologie des migrations et relations
interethniques.
Parmi les femmes qui prennent le chemin migratoire, Dr Fodié Tandjigora distingue celles qui
partent dans le cadre du regroupement familial, de celles qui migrent à titre individuel espérant
se bâtir un avenir meilleur et prendre en charge leurs parents. Il note une certaine fragilité des
candidates à la migration clandestine, lesquelles subissent des exactions sexuelles et autres
extorsions de fonds notamment «aux points de stationnement de migrants».
Oumar Coulibaly, Président de l’association «Niéta» des migrants de retour de Kéniéroba, un
village situé à 12 km de la ville de Kita, est conscient des dangers de proxénétisme qui guettent
la gent féminine sur les routes migratoires.
Existence de réseaux de traite et de prostitution sur les sites d’orpaillage
L’Agence nigériane de lutte contre la traite des personnes (NAPTIP) estimait, en janvier 2019,
que près de 20. 000 jeunes filles nigérianes ont été piégées au Mali par des réseaux de
prostitution. Dans l’étude «Les fièvres de l’or au Mali. Profils et dynamiques migratoires dans les
régions de Sikasso et Kayes », le Bureau de Bamako de l’Organisation internationale pour les
migrations (OIM) note que « certains éléments sont apparus concernant l’existence de réseaux
de traite et de prostitution sur les sites d’orpaillage ».
Ces réseaux demeurent très actifs. Très organisés, ils parviennent sans grande difficulté à
convaincre de nombreuses femmes en leur miroitant un emploi bien rémunéré. Privées de leurs
documents de voyage (carte d’identité, carte consulaire, ou passeport) et coincées entre les
murs de passage, ces migrantes sont obligées de «se vendre ».
On en voit, comme celles de la mini villa appelée « Princesse » du quartier Bencounda de la
commune urbaine de Kayes, une ville située à 618 km de Bamako. Perdu dans les ténèbres, le
bâtiment ne porte aucun signe pouvant orienter les visiteurs. La nuit, la patronne monte la
garde. Assise sur une chaise devant la porte, elle répond aux salutations de nombreux visiteurs.
Elle surveille les entrées et les sorties. Une fois que le visiteur franchit la porte, il est approché
par de jeunes filles. Le maître mot, c’est «le travail». «Veux-tu travailler ?». «Vient, on va
travailler», lancent-elles au milieu de jeu de lumières qui éclairent le bâtiment.
De teint noir et de taille moyenne, Nathalie est l’une de ces nombreuses jeunes filles, victime de
cette sorte d’exploitation. Elle «bosse» pour le compte de l’une de ses compatriotes. «Je suis
arrivée au Mali, il y a neuf (9) mois », nous confie Nathalie en comptant avec ses doigts la
durée de son séjour. Par contre, souligne-t-elle, il y a des filles qui sont là depuis trois (3) mois
seulement. A l’image d’autres jeunes filles, Nathalie ne sort pas de la maison. «Je travaille ici et
je dors ici. Je n’ai aucun contact avec l’extérieur », confie-t-elle. Mon tarif, détaille Nathalie,
varie entre 2000 FCFA (moins de 4 dollars) et 5000 FCFA (9 dollars) en fonction de la «
position » voulue par le client. « Ma patronne me remet 3 000 FCFA par jour pour la nourriture
et la carte de crédit », ajoute Nathalie.

Nathalie : «pas facile de se regarder dans le miroir»
Pour recouvrer sa liberté, elle doit payer à sa patronne la somme d’un million cinq cent milles
(1. 500. 000) F CFA (2. 712 dollars). «Je n’ai pas fini de rembourser ma patronne. Je lui dois 1.
500. 000 FCFA. Je suis piégée dans ce travail mais je suis obligée de me livrer à plusieurs
hommes par jour pour rembourser ma patronne. Ce n’est pas facile de se regarder dans le
miroir, mais il faut être forte pour s’en sortir et retourner un jour au pays», lance-t-elle.
Diamord figure parmi un groupe de jeunes filles nigérianes enrôlées par une certaine Sofia
John, gérante de l’auberge Tounka. La jeune dame de 23 ans doit rembourser la somme d’un
million de FCFA à celle qui aurait financé son voyage. «Après des échanges, elle m’a dit que je
dois payer un million et cette somme représente mon transport, ma nourriture et mon
hébergement », souligne une autre, Keyne. Dès son arrivée, Princesse a commencé à faire la
prostitution pour payer une recette journalière à sa patronne. 1. 000 000 F CFA, c’est aussi le
prix de sa liberté. Tout comme Jesura qui a voyagé en compagnie de deux autres personnes. A
leur arrivée, la proxénète a envoyé quelqu’un les chercher à la Gare. Elles n’ont eu d’autres
choix que de vendre leurs corps. Angèle a quitté courant janvier 2017 son Nigéria natal pour
Kayes. « Quand je suis arrivée, après des explications, j’ai commencé à travailler à son compte
pour pouvoir rembourser les dépenses effectuées par la dame Sophia », souligne-t-elle.
Comme Angèle, elles ont toutes été maintenues par la force dans cet univers impitoyable,
jusqu’à l’interpellation de leur «Maman» (comprenez la proxénète, ndlr) par la Police.
De l’autre rive du fleuve Sénégal, qui traverse la ville plus précisément au quartier Kayes-n’di,
«Mamie Bar», dont la promotrice est une nigériane répondant au nom de Beatrice, est un lieu
prisé. De jeunes filles sont à l’affût et proposent automatiquement leurs services à tout visiteur.
Les hommes désignent avec un signe de doigts la fille qu’ils préfèrent. Certaines s’éclipsent
avec des clients tandis que d’autres dansent au son de la musique. Quelques «gros bras»
assurent la sécurité des lieux et effectuent des va et vient à l’intérieur du bar. Au même
moment, la serveuse s’affaire à apporter les commandes des clients. Les tables sont ornées de
canettes et de bouteilles dont certains sont déjà vides. « Je suis au Mali depuis trois ans. Je
travaille ici », nous confie une jeune fille mince et courte de taille qui s’exprime en peu de mots,
en bambara et en français.
16 mars 2020, 01h 25 mn. La vieille dame pénètre dans le maquis. Les filles courent pour
l’accueillir. L’une après l’autre s’accroupit sous son pied pour la saluer. Une récupère son sac
en main tandis qu’une autre s’affaire à mettre ses chaises à leurs places. Elle pénètre à
l’intérieur et ne sortira pas en notre présence. Selon des explications fournies par un habitué
des lieux, elle s’assoit à côté de l’entrée principale donnant accès aux chambres entre quelques
gros récipients de couleur bleue contenant de l’eau. De cette position, la «Mamie» dispose
d’une vue royale sur l’entrée principale du bar ainsi que celles donnant accès aux chambres de
passe. «Mamie» est l’une des femmes les plus puissantes et influentes de la communauté
nigériane locale.
« Je ne suis pas prête à souffrir encore »
Mince de corpulence, Assa faisait partie d’un groupe de jeunes filles à qui «une grande sœur» a
fait miroiter de belles choses en les jetant sur le chemin de la migration. «Quand je venais à
Bamako pour la première fois, j’étais loin d’imaginer de tomber dans ce travail», explique-t-elle
en secouant la tête. Sa nuit commence à 19h et se termine à 5h. «Toutes les nuits ne sont pas
pareilles. Souvent, on peut avoir un seul client», souligne-t-elle en précisant qu’elle peut avoir
par nuit 40. 000, jusqu’à 70. 000 FCFA. C’est surtout vers les 20 au 30 du mois qu’il y a une
grande affluence des clients. Selon Assa, «c’est un travail de merde». Jusque-là, elle résiste à
la pression de sa grande sœur dont le désir est de la voir continuer le chemin. «J’ai de
nombreuses copines qui sont rentrées en Europe. Ma grande sœur à qui je dois de l’argent me
pousse à aller au Maroc pour tenter de rentrer en Europe. Je ne suis pas prête à souffrir
encore».
Assa a un autre projet et conseille toutes celles qui veulent se lancer dans une telle aventure :
«mon projet est de tout mettre en œuvre pour réunir la somme d’un million de F CFA et faire le
commerce. Ainsi, je mettrais fin à cette vie qui m’enlève ma dignité et mon honneur de femme.
Je ne conseille à aucune femme de quitter son pays et de faire comme moi ».
Olivia a quitté son pays pour l’Algérie en transitant par le Nigéria et le Niger avant de se
retrouver au Mali suite à un rapatriement. « Je suis passée par le Niger. Nous avons fait deux

semaines. Ça n’a pas été du tout facile. C’est un film qui commence au Niger. On est monté
dans une voiture 4×4 pour traverser le désert. En plein désert, on dépose les hommes d’un côté
et les femmes de l’autre. Et on nous viole, nous les femmes. C’est un grand viol. Ce sont trois
hommes qui te passent dessus. Tu es à leur disposition. Ils abusent de toi de toutes les
manières sans que tu ne pipes mot au risque de laisser ta vie. Je n’aime pas trop parler de ces
histoires. Ce sont des souvenirs traumatisants », souligne-t-elle en balayant son visage avec sa
main avant de tourner brusquement son regard.
« Je ne peux pas conseiller à une fille de faire ce que je suis entrain de faire »
Selon Olivia, elles étaient 12 jeunes filles dans un convoi d’une quarantaine de personnes.
Nadège et Pamela ont péri lors de la traversée de la Méditerranée. Par contre, raconte-t-elle,
les autres ont regagné l’Europe. Elle ne préfère pas s’attarder sur son séjour algérien marqué
par la vie dans les ghettos avec son corollaire de menaces.
A son arrivée à Bamako, elle a travaillé pendant deux mois dans un restaurant avant de
replonger dans l’univers infernal de la prostitution. Si Olivia négocie au prix fort, elle est souvent
obligée de prendre les 2 000 et 3 000 F CFA. « Si tu refuses les 2000 et 3000, tu vas manger
quoi ? Il y a des jours où tu trouves beaucoup de sous mais il y a aussi des jours où tu ne
gagnes pas un 1 franc alors que tu es dehors jusqu’à 5 heures du matin. Voilà, on a fermé pour
raison de coronavirus. On est à la maison depuis un mois. Depuis ce matin (l’entretien a eu lieu
vers 13 heures, Ndlr), je n’ai rien mangé. Il n’ya rien de facile, même pas la prostitution. Je ne
peux pas conseiller à quelqu’une de faire ce que je suis entrain de faire. Ce n’est pas un métier.
C’est un métier sale. Ça m’affecte. Si je trouve un endroit ou un appui pour faire la restauration,
je vais abandonner », affirme Olivia.
Commandant de Police Souleymane Niampougui est officier de Police judiciaire à la Brigade de
répression du trafic de migrants et de la traite des être humains, une unité spécialisée de la
direction de la police judiciaire de la Direction générale de la Police nationale. Auparavant, il a
servi à la Brigade chargée de la protection des mœurs et de l’enfance. Selon lui, les jeunes
filles peuvent coucher au moins avec dix (10) hommes par nuit. «Même quand ces filles sont en
règle, elles sont obligées de coucher avec les hommes », souligne l’officier de Police judiciaire.
De teint clair, Chacha a mordu la promesse de travailler dans un salon de coiffure d’un homme
à Bamako. A son arrivée, elle est accueillie par une dame. Cette dernière l’a confiée à une autre
qui l’a amenée à Kayes. « C’est quelqu’un qui m’a amenée en disant que je vais travailler dans
un salon de coiffure. J’ai été accueillie par une femme nigériane. Je voulais retourner mais la
dame a refusé en exigeant le remboursement d’une somme de 1. 500. 000 FCFA. Cette
dernière m’a remise à une autre femme qui m’a amenée à Kayes. J’ai fait un an à Kayes.
Chaque fois je payais, la femme refusait de mentionner le paiement dans le cahier, elle me
maltraitait. C’est pourquoi j’ai fui », détaille-t-elle.
Après cet épisode, Chacha a trouvé refuge dans la capitale malienne auprès d’un homme avec
qui elle a eu un enfant qui a aujourd’hui 5 mois. « Il me faut assez d’argent pour retourner au
pays afin de ne pas dépendre des parents. Elle a déjà un autre enfant âgé de 5 ans au pays.
Mon souhait est de sortir de ça pour faire un travail noble», plaide-t-elle.
« Je suis souillée depuis que je suis au Mali »
On la surnomme Aïcha. Elle entame sa deuxième année au Mali. «Je suis en transit. Je veux
continuer sur la Tunisie », souligne-t-elle au cours d’un entretien dans les locaux de
l’Association des Refoulés d’Afrique Centrale au Mali (Aracem). «Je suis dans l’enfer. C’est le
coït contre l’argent. Tu donnes ton coït et on te donne de l’argent. Dès que quelqu’un te dit
bonjour, il te demande combien. C’est un métier risquant et salissant. C’est un métier salissant.
C’est un métier qui te fait perdre ta dignité. C’est un métier qui te donne le dégoût de toi-même
», souligne-t-elle en versant des larmes.
Elle enlève ses lunettes pour essuyer ses larmes avec une voix tremblante. «Je suis souillée
depuis que je suis au Mali. Je suis sale même si je reste toute la journée sous la douche. Je ne
veux pas ça », nous confie-t-elle en sanglots en tournant le regard de l’autre côté de la salle.
Elle reprend ses esprits et se plonge dans ses souvenirs de violences. «Les hommes ne nous
respectent pas. D’autres nous étranglent. Ils te font mal. Ils nous obligent de coucher avec eux
sans préservatif », explique Aïcha. «Une nuit, raconte-t-elle, j’ai échappé à une attaque au
couteau d’un client qui m’a fait déplacer».

Ces violences sont récurrentes comme toutes activités criminelles, nous rappelle Dr Fodié
Tandjigora. A Ségou, une ville située à 235 km de Bamako, trois filles migrantes ont subi en
espace d’un an des agressions d’une rare violence dont le cas d’Ido Beauty (voir encadré,
Ndlr), assommée à mort dans la nuit du 17 au 18 décembre 2019 dans un Bar à Ségou.
Si Ido Beauty a perdu la vie et que certaines n’ont pas encore réussi à fuir « l’enfer » pour
reprendre une expression chère à Aïcha, d’autres, par contre, ont réussi à s’échapper des
griffes de ceux ou celles qui les exploitaient. Elles s’appellent les survivantes.
A suivre !
Chiaka Doumbia, source : Le Challenger
Encadré : Le destin tragique de Ido Beauty
Née le 8 mai 1997 à Eképéné au Nigeria, Ido Beauty était loin d’imaginer un tel destin en
quittant la terre de ses ancêtres à la recherche d’un prétendu bonheur masqué par les fausses
promesses des individus sans foi ni loi.
Le 18 décembre dernier (2019, ndlr) vers 13 heures, le Commissariat de police du 1er
arrondissement de Ségou a été informé par les soins du président de la communauté nigériane
de la présence d’un corps sans vie dans une chambre du Bar dénommé Sika Motel. La Police
s’est rendue sur les lieux en compagnie d’un médecin – légiste pour constater le décès et
reconstituer la scène du crime.
Sur place, ils découvrent le corps sans vie d’Ido Beauty. Couchée sur un matelas de deux
places, la jeune demoiselle de teint légèrement clair, mesurant 1, 65 m était nue à partir de son
nombril, la tête orientée vers le sud et les bras allongés, le cou entouré par ses mèches,
laissant couler du sang par ses narines. Selon le médecin légiste, Docteur Bagayoko, elle est
morte d’une asphyxie mécanique de strangulation. Sa mort, a-t-il ajouté, remonte à 8 heures.
Les policiers de la Brigade de recherche du commissariat de Police du 1er arrondissement de
Ségou exploitent les indices trouvés dans la chambre de la défunte dont les deux téléphones
avaient été volés. Et c’est à partir du carton de l’un de ses téléphones que l’auteur de ce crime
a été retrouvé. Grâce à la magie de la technologie, les nouveaux propriétaires de ces
téléphones sont localisés et interpellés. L’arrestation de ces deux personnes a conduit les
enquêteurs à l’auteur du crime, un certain Modibo Traoré, âgé de 20 ans, arrêté le 4 janvier
2020, soit deux semaines après le meurtre. Devant les enquêteurs, il avoua et donna des
détails sur cette nuit fatidique.
Cette nuit, dit-il, il s’est rendu au Bar comme d’habitude après avoir pris une forte dose de
Tramadol. N’ayant pas trouvé sa cliente préférée sur place, il explique avoir répondu aux
sollicitations de sa future victime. Une fois dans la chambre, les choses ne se sont pas passées
comme prévues. Quand Ido faisait dos, Modibo Traoré lui a donné un coup à la nuque. D’un
coup, elle tomba sur le lit. Il s’empara des deux téléphones de sa victime. Arrivé devant la porte
du Bar, il enleva les puces avant de les jeter et disparut dans la nature. Il vendit un téléphone
avant de gager le second à 2. 000 FCFA.
Modibo Traoré séjourne actuellement à la maison centrale d’arrêt de Ségou. Après une
semaine à la morgue de l’Hôpital Nianankoro Fomba de Ségou, sa victime a été inhumée sur
place par ses compatriotes qui auraient pris le soin d’informer sa famille au Nigéria. Triste sort
pour une jeune fille embrigadée dans une aventure par des individus sans foi ni loi.
Note de la rédaction
Cette enquête a été réalisée dans le cadre du projet «Autonomiser les jeunes en Afrique à
travers les médias et la communication», mis en œuvre par l’UNESCO dans huit pays de
l’Afrique de l’Ouest et du Centre : le Cameroun, la Côte d’Ivoire, le Ghana, la Guinée-Conakry,
le Mali, le Niger, le Nigeria et le Sénégal. Financé par le Ministère italien des Affaires
Etrangères et de la Coopération Internationale (MAECI) et l’Agence italienne pour la
coopération au développement (AICS), ce projet vise à donner aux jeunes garçons et filles les
moyens de prendre des décisions éclairées sur les questions migratoires grâce à un meilleur
accès à une information de qualité. En conséquence, le projet contribue à renforcer la capacité
des professionnels des médias de la sous-région à rendre compte de la migration tout en
promouvant des normes et bonnes pratiques en matière de droits de l’homme et des approches
sexospécifiques et inclusives en matière de couverture de la migration dans les pays ciblés.
L’enquête est l’aboutissement d’un parcours de formation sur les techniques de journalisme
d’investigation en lien avec la migration, qui a bénéficié à plus d’une centaine de journalistes, et

d’un appui au travail de terrain. Cette initiative rentre par ailleurs dans le cadre du «Plan
d’Action des Nations-Unies sur la sécurité des journalistes et la question de l’impunité », mis en
œuvre par l’UNESCO.

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